J'ai été silencieuse. Trop. Je m'en excuse. J'ai bien lu vos petits coucous. Je vous en remercie. Ce blog va finir par tourner grâce à vos signes de vie!!! Incroyable... moi qui avais tant d'énergie pour le maintenir. Tant de certitudes...
J'ai lâché prise. J'ai baissé les bras. Cette maladie m'a donné beaucoup de fil à retordre et je crois que je me suis octroyée une pause. Là, ces derniers mois. Comme si je disais à Zoé : "Bon là tu fais comme tu le sens. Tu te bloques ou pas. Peu importe. Moi, je suis ailleurs..."... Ailleurs c'était axé sur moi. C'est très égoïste de la part d'une mère, je le sais. Surtout que je ne suis pas du genre à penser à moi en premier. Non. Ca fait des années que je passe à côté de moi-même. Que je tire sur la corde. Je pense que la corde a cédé. Là... fin août...
J'ai lâché prise. J'ai baissé les bras. Cette maladie m'a donné beaucoup de fil à retordre et je crois que je me suis octroyée une pause. Là, ces derniers mois. Comme si je disais à Zoé : "Bon là tu fais comme tu le sens. Tu te bloques ou pas. Peu importe. Moi, je suis ailleurs..."... Ailleurs c'était axé sur moi. C'est très égoïste de la part d'une mère, je le sais. Surtout que je ne suis pas du genre à penser à moi en premier. Non. Ca fait des années que je passe à côté de moi-même. Que je tire sur la corde. Je pense que la corde a cédé. Là... fin août...
Zoé a bien repris l'école. Oui. Avec les mêmes copains et copines et les instits qu'elle connait bien. Aucune surprise. Aucune remise en question. Que du sûr... et pourtant Zoé s'est mise une pression d'enfer. Pourquoi, je ne sais pas. Mais elle a stressé, pesté, chaque matin en se levant... et quand Zoé stresse et peste, elle redevient la petite fille encoprésique qu'elle a toujours été.
Je ne le comprends plus. Avant je le comprenais. Mais là c'est le "plus" qui fait toute la différence... j'en ai assez de la voir se rendre malade pour quelque chose qu'elle gère haut la main. Elle est une élève studieuse, brillante. Que veut-elle de plus???
J'ai dû la mettre à la cantine un midi par semaine. Je suis en formation pour mon travail, à l'extérieur. Ca ne me laisse aucun choix. Aucun plan B. Zoé a dû se résoudre à rester à l'école toute la journée. Tous les mardis. Elle a pris cela très bien moralement, mais physiquement, son corps a montré son mécontentement... diarrhées, maux de ventre, retenue... elle a refusé de se changer entre midi et deux. Elle ne veut pas se trimbaler avec ses lingettes et son protège-slip devant les autres. J'ai tout mis dans un petit sac ventral discret, qu'elle cache sous son pull. Le temps de la cantine. Mais non. Elle ne veut pas qu'on la démasque. Elle a trop honte de sa maladie. Et pourtant, c'est elle qui la conforte à rester.... c'est paradoxal.
J'ai donc bien vu les ravages d'une coupure d'avec moi. Un simple changement de routine, pourtant temporaire, aura suffit à tout remettre en jeu... sa faculté à pousser, son entrain à se laver aux toilettes, à mettre ses protège-slips elle-même... tout a disparu du jour où j'ai quitté la maison à la journée. C'est un triste constat. Pour moi, et pour elle. Zoé n'a pas coupé le cordon. C'est ça le souci. C'est ce qui entretient la maladie. J'en suis persuadée...
J'en suis persuadée car elle en parle elle-même. Comme ça, au milieu du repas qu'on partage elle et moi les midis .... mes autres filles mangent au collège... mon mari est au travail... elle est donc toute à moi... et moi toute à elle....
Quand Zoé parle de sa maladie, au jour d'aujourd'hui, ça donne ça....
"Maman, ta place est meilleure que la mienne.... tu travailles à la maison, tu fais ce que tu veux... pas moi... tu sais, ce serait bien que je fasse l'école à la maison????... en plus pour ma maladie, ça irait mieux..."
"Maman, tu sais, je ne pense pas pouvoir aller en classe de neige en CM2... deux semaines sans te voir, avec mon encoprésie... regarde comment ça se passe sur ta journée de formation. Tu ne m'y mettras pas, hein maman, à cette classe de neige????"
"Maman, quand je serai au collège, je ne pense pas manger à la cantine comme mes soeurs. Je prendrai le bus, t'en fais pas. Comme ça je te verrai le midi, hein? Tu vas t'ennuyer qu'avec les bébés que tu gardes si je rentre pas???"
"Maman, je pense que j'aimerais guérir, que je peux le faire... mais j'ai pas envie. je sais que tu attends que ça pour retravailler à la Poste comme papa... et moi je préfère quand tu es à la maison..."
"Maman, je t'aime trop... tu crois que je suis obligée de partir de chez nous si je me marie??? Tu veux bien que je reste auprès de toi autant que je veux????... et puis si je me marie, faut que j'habite en face de chez papa et toi. Si mes enfants sont encoprésiques, y a que toi pour t'en occuper. Ce sera encore ton travail, hein maman, de garder des bébés????"
Elle m'en dit au moins deux ou trois comme ça par semaine. Dans ses périodes de stress scolaire, c'est pire. Elle est tout le temps en train de se projeter. Sans cesse.
Je suis fière d'elle. Même du chemin parcouru avec l'aide de la fasciathérapie. Elle sait qu'elle a la possibilité de guérir mais elle n'est pas prête.
Maintenant je sais que sans son consentement, elle ne guérira pas. Quoique je fasse...
