Zoé tente de faire de son mieux. Un petit sachet d'importal est ressorti de la pharmacie dimanche pour lui permettre de dégonfler... dans le sens propre du terme... et ma foi, les pertes sont revenues depuis... grâce à ce petit coup de pouce... et grâce à l'alléchant pet shop promis en fin de semaine, si mission "boulette" accomplie... juste une petite... j'suis pas trop exigeante... une rikiki fera l'affaire, c'est juste histoire de la contraindre... la bougresse jolie!!!!
Zoé pose toujours des questions. Des tas de questions. Existentielles de préférence. Du style "Maman, je sais pas si je vais épouser Yohann, j'aime aussi Florian, il me fait tellement rire... tu crois que c'est quoi le mieux, un mari qui te fait rire, ou un qui t'aime????"....
Ca me fait toujours sourire car elle le dit avec une telle gravité que j'arrive même pas à la faire râler avec ces histoires d'amoureux... je réponds... "bah si tu peux avoir les deux, le rire et l'amour, dans un seul mari, c'est encore mieux, chérie!!!!"...
Elle s'en contente et me dit "t'as raison, j'vais dire à Yohann de me faire rire, vu qu'il m'aime déjà!"...
C'est fabuleux l'amour... même à huit ans...
Sa question du jour était loin d'être romantique mais ça avait toujours un rapport avec sa vie d'épouse et de future maman... Zoé ne perd jamais de temps... elle planifie, organise, projète... depuis qu'elle est en mesure de le faire.... ce qui veut dire depuis belle lurette!
"Maman, si j'ai une fille, elle sera encoprésique aussi????"
Elle mettait ses chaussures pour aller à l'école... j'avais la tête dans la penderie à chercher ma veste en jean... Noé était assis par terre sur mon pied et jouait avec le scratch de mes baskets... le moment idéalement choisi...
"Je ne sais pas, Zoé..."
Réponse trop évasive à son goût.
"Tu étais encoprésique toi quand t'étais petite, maman?"
Voyons voir... lente digestion et constipation???... oui j'ai été abonnée à ce genre de choses... mais vu mon contexte familial, j'ai pas osé déclarer de pathologie... valait mieux pas...
J'en conclus juste que j'avais le profil pour... mais rien d'avéré...
"Non, chérie, je n'allais pas souvent aux toilettes, c'est tout."
Elle a mis sa veste et a soupiré.
"Moi, je me sens pas capable de nettoyer les fesses de ma fille si elle est malade comme moi... j'aime pas ça... "
Je reconnais bien ma maniaque de l'hygiène. Elle ne veut déjà pas toucher son propre derrière, alors celui de quelqu'un d'autre!!!!!
Je l'ai embrassée.
"Ne t'en fais pas, tu n'auras sans doute pas d'enfants malades. Ca arrive comme ça, on sait pas pourquoi. Et puis tu vas guérir et tu n'auras plus peur du caca... faudra bien changer les couches de ton bébé plus tard!??"
Elle a grimacé.
"oh non, beurk!!! j'habiterai à côté de chez toi et tu garderas mes enfants, hein, maman????"
J'ai pas pu m'empêcher de rigoler...
Elle a pensé à tout, même au futur mode de garde de ses loulous!!! Quelle prévoyante cette Zoé!!! Elle n'a pas fini de m'étonner!!!!
mardi 25 septembre 2007
question... d'hérédité...
Publié par
Véro
à
18:19
vendredi 21 septembre 2007
Ca coince
Je dois dire que c'est le plus long laps de temps sans médicaments... . Trois semaines de sevrage. Des pertes journalières ont ponctué les soirées de Zoé, amenant un soulagement... certes rikiki. Mais soulagement tout de même. Vu l'appétit de la grenouillette jolie, fallait pas espérer davantage.
Cette semaine fut moins évidente. Elle a commencé à montrer des signes de sécheresse et de ballonnement. Je n'ai pas voulu lui administrer un importal mercredi.. Elle a piscine tous les jeudis avec sa classe. Il s'agit de ne pas mettre de traces dans le maillot. Elle en a très peur. Et je le comprends. Il faut qu'elle passe par ce type de gêne, de raisonnement, pour avoir un déclic, un dévérouillage. Mais en même temps, cela lui ramène des automatismes de constipation que je crains. C'est difficile d'adopter le bon comportement... entre la tentation de lui donner un laxatif pour la débloquer net, et l'envie de ne pas lâcher prise et de la contraindre à pousser... mon coeur balance. J'aimerais la voir gérer la sensation de poussée, l'apprivoiser... et non pas laisser tout fuir lamentablement dans la couche.... je dois tenir le choc... car elle doit forçément surmonter sa peur pour réussir. Si je ne suis pas synchro avec elle, elle va voir ma "faille" et s'engourfrer dedans avec moi...
Je dois tenir le cap... je suis déterminée...
Affaire à suivre...
Publié par
Véro
à
21:07
mercredi 12 septembre 2007
lundi 10 septembre 2007
La pêche ou le bourdon?????
Je suis plutôt dotée d'un tempérament à avoir la pêche. Résidu génétique. Je descends d'une famille de femmes au caractère fort, affirmé, qui ont rarement plié devant les obstacles de la vie... j'ai appris. J'ai ça en moi.
Mais je ne suis pas intouchable. Et heureusement. Il faut savoir toucher le fond et taper du talon pour mieux remonter...
La maladie de Zoé n'est pas un long fleuve tranquille. Je me suis levée quelques matins avec le bourdon. L'envie de rester sous la couette et de ne rien faire. l'envie de dire à Zoé "aujourd'hui tu te débrouilles comme tu veux, mais je ne toucherai aucune lingette, aucun protège-slip... je fais grève."
La voir se refermer sur elle-même, rester silencieuse, et partir aux toilettes toutes les heures pour voir si rien ne coulait, était un crève-coeur pour moi. Je me sentais bourreau, et elle victime. Je ne le supportais pas. J'ai rarement tenu mes coups de tête. J'ai toujours volé à son secours. Elle me remerciait, m'embrassait. Et moi je finissais par m'excuser car au bout du compte elle me glissait dans l'oreille :
"Tu sais, maman, je ne le fais pas exprès. J'aimerais tellement que ça s'arrête."
C'est très compliqué, destabilisant, destructeur. La maladie est entre nous et instaure un climat d'amour inconditionnel, de compassion et de rejet à la fois.
Je ne me permettrai pas de comparer, je sais trop que l'anorexie est une maladie horrible, dévastatrice. Mais tout de même. Il y a des similitudes dans la force mentale des patients atteints d'anorexie, de boulimie, d'encoprésie... ils se détruisent et emportent leur entourage avec eux... J'ai eu très peur quand le gastro-entérologue m'a dit il y a longtemps que les encoprésiques d'hier surchargeaient son service d'anorexiques aujourd'hui... je me suis vue face à une Zoé décharnée, amaigrie, refusant toute nourriture et complètement incapable de revenir en arrière... je me suis dit, comme tout le monde, que je n'aurais qu'à lui mettre une fourchette de force dans la bouche, et que chaque repas sera pris sous mes yeux... mais si seulement tout était si simple...
L'encoprésie m'a appris ce qu'est la puissance d'un bloccage psychologique, même si il est apparenté à une faiblesse rectale, comme dans le cas de Zoé...
L'encoprésie m'a appris beaucoup sur la tolérance et la détresse que doivent subir les parents d'enfants anorexiques...
L'encoprésie a renforcé mon tempérament fonceur et touche à tout... je me suis lancée le défi de tout essayer, pour qu'elle guérisse... je vais même vous avouer quelque chose : si la fasciathérapie n'avait pas marché, j'avais les coordonnées d'un magnétiseur en dernier recours... et je l'ai toujours.
La force d'une maman est incroyable, l'amour donne des ailes.
Je suis comme vous toutes qui me lisez. Prête à tout pour mon enfant.
Et je dis oui, on a le droit de craquer, de pleurer quand la culotte sale de "trop" nous reste en travers de la gorge...
Une fois les larmes séchées, il faut rassurer son enfant, lui dire qu'on est juste fatiguée, épuisée, de tout cela. Mais qu'on va se battre avec lui. Toujours.
vaincre l'encoprésie est possible... Zoé et moi y travaillons chaque jour... avec amour... et persuasion...
Bon courage à toutes les mamans qui sont confrontées à cette pathologie...
Publié par
Véro
à
14:31
jeudi 6 septembre 2007
youpi!!!
Une semaine s'est écoulée depuis la rentrée scolaire... Le stress que cela a provoqué sur Zoé s'est lui aussi écoulé, en une journée, dans le fond de sa culotte... D'ou arrêt total du transipeg et de l'importal depuis ce fameux mercredi, traitement que j'avais déjà bien espacé pendant l'été...
Cette décision est digne d'une maman persuadée que tout va mieux et complètement en mal-être quand la pathologie tant combattue revient avec force... Si je devais décrire ce qui m'est passé par la tête, ce serait -ras le bol... vais tout mettre à la poubelle, moi, ces décapants en boîte!!!... trucs chimiques à la noix... aucune possibilité de réguler quoique ce soit... suis sûre qu'elle est capable de faire sans...-
Je me suis donc mise en boule contre ma boîte à pharmacie... et lui ai dit bye bye...
Zoé n'a pas pris un seul médic depuis une semaine...
Les médics doivent sûrement s'évacuer lentement dans l'organisme et entretiennent généralement des pertes sur trois jours après arrêt brusque de leur prise... c'est pas la première fois que je stoppe, mais pas sur une si longue durée... aucun signe de ballonnement, de fatigue, de retenue... Elle fait un petit peu le soir... comme je lui ai demandé de le faire...
Trop beau pour être vrai...
Croisons les doigts.... YES!!!!
Publié par
Véro
à
22:53