Il y a longtemps que je suis venue donner des nouvelles; On dit toujours "pas de nouvelles, bonnes nouvelles". C'est vrai. Mais là, non. Pas vraiment. Ca stagne.
Nous sommes dans une impasse. Celle du genre où faire demi-tour demande un effort conséquent. Celle où on se demande si on ne va pas garer la voiture et faire le reste à pieds. Tout simplement. pour voir dehors si l'air est un peu moins suffoquant qu'à l'intérieur...
Le magnétiseur n'a pas eu un effet miraculeux. Du moins pas celui que j'attendais. J'en demande sûrement trop. Moi ce que j'attends, c'est une enfant comme tout le monde, qui va aux toilettes d'elle-même. Point. Zoé n'y va toujours pas. Les toilettes, c'est une pièce qu'elle ignore. Qu'elle fuit. Le confort de sa couche et de ses protège-slips lui suffit. Elle ne va pas au delà. Elle continue sa vie. Comme si rien n'avait changé.
Le seul point positif, depuis les cataplasmes conseillés par le magnétiseur, c'est l'arrêt de tout médicament. Elle perd chaque jour ce qu'il faut, sans leur précieuse aide chimique. Un bon point. Un sevrage. j'apprécie. Elle a un bon transit. Ouf.
Ce qui lui manque, c'est le réflexe d'évacuation ailleurs que dans sa culotte. Elle a tout qui marche bien. Ca c'est un soulagement. Mais elle fait opposition. On la voit foncer dans un coin se retenir, les jambes en X, comme quand elle était petite. A s'en rendre inerte, blanche comme un cachet d'aspirine. De quoi me faire hurler. Je prends beaucoup sur moi. J'essaye de comprendre, son fonctionnement. Je lui parle, elle dit qu'elle a peur d'avoir mal. Lui dire que plus elle attend, plus le fécalome grossira, ça me défoule, mais ça la fige sur place. La menacer d'un lavement la fait pleurer. Lui dire que tout pourrait bien marcher si elle faisait un effort la met en vrac et elle ne cesse de me demander si je l'aime encore...
Bien sûr que je l'aime. Mais ça me mine tout ça. En ce moment, j'ai envie de tout laisser courir et d'attendre que le temps passe. J'en ai un peu marre. En même temps, je veux reprendre les cataplasmes le mardi soir (à base d'une feuille de chou vert, d'un oignon et de 100 g de son de blé, le tout mijoté en soupe et mixé, mis dans un gant, à 37°, sur le ventre). C'est efficace. Dès le lendemain, elle fait. Mais je ne l'ai fait qu'un seul mois. je croyais vraiment au miracle.
Je reste quand même très optimiste. J'ai une amie, Vanessa, maman d'un petit Lucas, encoprésique lui aussi, qui a entrepris un traitement très encourageant. Dès qu'elle juge que ça marche, elle va venir ici vous expliquer de quoi il s'agit. Elle est prudente, elle a raison. Les faux espoirs sont cruels avec cette maladie. J'en sais quelque chose.
Voilà, où j'en suis. Je suis consciente que Zoé ne va pas bien en ce moment, refusant même l'action du sifflet, car elle part une semaine en classe verte dans un mois. Elle ne supporte pas la séparation. Elle m'en parle chaque jour. Elle sait que si son encoprésie est virulente, personne ne pourra la gérer là-bas. Alors c'est peut-être un chouette moyen de ne pas partir? Zoé en est capable. Zoé est scotchée à moi, depuis sa naissance. Je le sais. Tout le souci est là. Je ne sais pas si le cordon va se couper un jour, entre nous. Pour l'instant, elle ne tient pas à grandir plus que ça.
Allez, demain sera un autre jour. C'est comme ça avec l'encoprésie. En tout cas, pour ceux qui en ont marre des laxatifs chimiques, testez les cataplasmes. Ca marche.
Bon courage à tous et merci d'être là.
