lundi 2 juillet 2007

Zoé persiste et signe

Samedi, nous avons sauté dans la voiture sur un coup de tête, suite à un coup de fil. Il allait faire chaud. Météo mémorable car trop rare depuis avril. Alors ce coup de fil tombait à pic, il nous invitait à passer du bon temps chez papy et mamie. Dans le Lot et Garonne.
Partir alors que deux tournées de machines à laver m'attendaient, le changement des lits en totalité, le ménage, le repassage, et tout le tralala.. c'était pratiquement inconcevable, irréfléchi, cauchemardesque. Mais pas tant que ça, finalement... surtout quand on sait que j'ai 8 jours pour tout préparer avant notre départ en Espagne. Que je suis envahie de "post-it" dans ma tête trop petite pour accueillir tout ce à quoi je dois penser... que je garde Noé jusqu'à mercredi inclus...
En fait, deux jours de répit, ça ne se refuse pas quand on est une maman fatiguée d'avance. Comme moi avant chaque départ estival.
Zoé était ravie. Elle déteste me voir débarquer avec mon aspiro devant sa porte de chambre, avec mon air menaçant, décidé, et terriblement catégorique "si dans cinq minutes, y a encore les polly fashions qui bronzent sur ton tapis, elles vont finir leurs vacances dans mon dyson super assoiffé de petites blondes en plastique!!!"
Le cri d'horreur arrive alors et j'entends dire que je suis une méchante maman qui ne la laisse jamais jouer, qui ne pense qu'à faire le ménage et qui est responsable de la disparition de milliers de godasses miniatures, de pistolets playmobil et de vêtements de Charlotte aux fraises!!!! (euh, de plus en plus gros les "disparus", je commence à avoir bon dos avec mon tuyau!!!!)
Zoé ne retrouve jamais rien, car elle ne range jamais rien. Elle préfère coller cette responsabilité sur mon aspiro bouffe-tout et incontrôlable. Et sur ma méchanceté gratuite de maniaque du samedi matin.
Zoé a donc applaudi la décision de partir en vadrouille à l'heure de l'aspiro. Sa chambre pouvait rester en foutoir.
Elle a passé sa vie dans la piscine de ses grands-parents tout le samedi après-midi. Elle a accepté de faire la balade des chiens le soir après le dîner sans rechigner, me lançant un fier "ça fait du bien de marcher, maman!"... ce qui m'a bien fait rire puisque qu'elle râle dès qu'elle n'aperçoit pas la voiture sur le parking de l'école, signe de 15 mns de marche pour rentrer à la maison!!! je lui ai dit en débarrassant la table "oh, je vais te faire signer un papier où tu vas m'inscrire ce que tu viens de dire, je ne te reconnais pas!!!"... elle a attrapé de suite la serviette de table en papier qu'elle avait sous la main, un feutre et m'a donné ce précieux certificat tâché de ketchup! Nous sommes partis tard, après un café sur la terrasse...et elle a marché comme une reine, à un mètre devant nous, dans la fraîcheur de la nuit qui tombait. Aucun signe de fatigue malgré les triples plongeons de la journée. Aucune plainte. Du grand Zoé.
Chez papy et mamie, les filles dorment toujours à trois dans l'ex-chambre de Jean-Phi. Elles sont indissociables. Tout est à 3, sinon rien. D'ordinaire, Zoé dort sur la chauffeuse dépliée à côté du lit deux places où ronflent ses soeurs, sans broncher... On avait tenté le coup une fois de la mettre dans le grand lit avec Julie, un soir d'opposition où nous avions renoncé à batailler sur le sujet...Manon avait cédé sa place, toujours trop gentille. Comme remerciement, elle avait eu une visite nocturne douloureuse, un poids soudain sur les épaules, un bleu au front inexpliqué... pour faire court et explicite, Zoé lui était tombée sur le coin du pif en pleine nuit. Nous avions donc décrété que dorénavant chauffeuse = Zoé. Point final. Aucune concession.
Zoé a décidé samedi soir de redormir dans le grand lit. Manon a pris soin de se mettre à l'autre bout côté Julie, emmitouflée dans un duvet jusqu'au front, des fois que des choses lui tombent par idnavertance sur la tête. Pas folle la guêpe. Zoé était sûre d'elle, encore une fois "bah oui, je roule plus par terre, c'est fini maman!"... J'avais pas de quoi immortaliser cette parole mais j'étais encore bien coincée par son petit jeu de "bah oui... voyons maman... mais enfin!!!" ...
Zoé a tout contrecarré, relevant les défis. Et ma foi, elle a réussi. Petit jeu efficace.
C'est un signe, Zoé va mieux. je le constate chaque jour. Je pense que cela lui donne de l'aplomb, de l'assurance. Elle compte bien le faire savoir.
Nous sommes rentrés dimanche vers 18H, tirant notre flemme jusqu'au bout. Zoé était en forme, prête à foncer dans sa chambre, à allumer son ordi, à être productive.
Pour moi, c'était desespérant, j'avais encore plus de linge qu'en partant. Je contemplais mon sac de maillots et de serviettes de bains à mettre au lavage quand elle est arrivée, radieuse "maman, je peux aller sur le sîte de la cartoonerie, moi aussi je veux faire un dessin animé comme Manon!!!!"... j'étais HS. "euh, là, maintenant, tout de suite?"
"bah oui!"
"Non, Zoé, douche de suite, il est tard, y a de l'école demain, et tu as veillé hier soir. On verra demain."
Gros soupir et regard de chien battu.
"De toute façon, j'ai jamais le temps de rien, le week-end est passé trop vite! ... et puis il fait jour longtemps, je suis sûre que j'ai encore plein de temps moi!!!!"
Elle ne lâche jamais l'affaire. Le temps qui passe trop vite, c'est son dada. Elle est née avec un calendrier, une pendule dans le ventre.
Je sais que je lui avais soufflé mot de mon désir de la garder au chaud longtemps, jusqu'à un terme précis. C'était sans penser qu'elle entendait tout, absorbait, assimilait. A travers moi.
Elle a bien retenu la leçon. Zoé ne fait rien à moitié. Le règlement, c'est le règlement. Et comme aucune parole n'est en l'air, elle a foncé sur son sîte favori dès 17H3O ce soir, et je viens d'entendre à l'instant "tu viens voir maman, j'ai fini mon dessin animé! je suis douchée, j'ai mangé, tu peux venir me faire plaisir et le regarder avec moi?"
Je file, vous vous en doutez...