J'ai lâché prise. J'ai baissé les bras. Cette maladie m'a donné beaucoup de fil à retordre et je crois que je me suis octroyée une pause. Là, ces derniers mois. Comme si je disais à Zoé : "Bon là tu fais comme tu le sens. Tu te bloques ou pas. Peu importe. Moi, je suis ailleurs..."... Ailleurs c'était axé sur moi. C'est très égoïste de la part d'une mère, je le sais. Surtout que je ne suis pas du genre à penser à moi en premier. Non. Ca fait des années que je passe à côté de moi-même. Que je tire sur la corde. Je pense que la corde a cédé. Là... fin août...
mardi 11 novembre 2008
Zoé parle de son encoprésie
J'ai lâché prise. J'ai baissé les bras. Cette maladie m'a donné beaucoup de fil à retordre et je crois que je me suis octroyée une pause. Là, ces derniers mois. Comme si je disais à Zoé : "Bon là tu fais comme tu le sens. Tu te bloques ou pas. Peu importe. Moi, je suis ailleurs..."... Ailleurs c'était axé sur moi. C'est très égoïste de la part d'une mère, je le sais. Surtout que je ne suis pas du genre à penser à moi en premier. Non. Ca fait des années que je passe à côté de moi-même. Que je tire sur la corde. Je pense que la corde a cédé. Là... fin août...
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mardi 29 juillet 2008
Zoé et l'école
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11:05
samedi 31 mai 2008
Zoé devient autonome
Début avril, je pense que Zoé était vraiment "mal dans sa peau". La classe verte pointait son nez. Les préparatifs, les recommandations prenaient une tournure ravageuse sur son moral et sa peur de mal faire. Peur d'avoir honte de mettre des couches devant ses camarades... Peur d'avoir la diarrhée avec le changement d'alimentation... Peur de tâcher son petit linge et de sentir mauvais... Peur de ne pas avoir maman pour seconder, prendre le relais, minimiser l'acte de faire caca dans sa culotte... Peur de tout.
J'ai compris un peu tard qu'elle avait vraiment peur. J'ai passé un mois d'avril à me dire qu'elle avait tout pour aller mieux (plus aucun traitement médical, une sensation de poussée rectale maîtrisée, plus aucun ballonnement)... à me persuader que nous étions presque débarrassés totalement elle et moi de cette fichue maladie. J'avais tort.
Zoé est partie avec un mal de bide à me crever le coeur. Un teint pâle. Une envie de vomir. J'ai regardé le car scolaire partir avec la sensation d'avoir laissé ma fille dans le même état effrayé dans lequel j'étais les nuits de mon enfance. Seule dans le noir, enfermée par mon père dans ma chambre, au fond du couloir. Je déteste savoir mes filles avec ce genre de trouille solitaire. Cet air de détresse. Je déteste. Il me rappelle trop celle que j'étais petite, avant que tout n'échappe à tout contrôle. Comme je l'ai raconté dans mon propre blog, ici.
Je n'ai jamais vraiment parlé de moi-même ici. C'est le blog de Zoé. C'est notre parcours à trois : Zoé, moi et l'encoprésie. Notre cheminement. Vous dire pourquoi Zoé est encoprésique, je ne le sais pas. Et je ne cherche même plus à le savoir. J'ai bien sûr réfléchi à la théorie du secret... dont j'ai parlé ici... ce secret, est-ce cette enfance que je garde en moi et que Zoé connait peu?... j'ai bien sûr pensé à la naissance de ma seconde fille, Manon, qui m'a rendue protectrice et fusionnelle avec Zoé... j'avais tant rêvé ce bébé dans son berceau auprès de moi à la maternité... est-ce cela que je paye aujourd'hui? le fait de m'être appropriée ce bébé sans fils ni respirateur qu'était Zoé???
Je ne sais pas. J'en ai marre de chercher le pourquoi du comment.
Zoé est revenue ravie de sa classe verte. Tout s'est bien passé. Sa maîtresse et l'éducatrice qui participaient au séjour ont été très admiratives de son courage, de son énergie. Zoé a eu la diarrhée pendant cinq jours. Tous ses vêtements ont été très tâchés : culottes, jeans, pantalons de jogging... peu importe. Je m'y attendais. Zoé ne se constipe plus du tout ni ne se retient. L'angoisse, le changement d'air, d'alimentation. Il n'en fallait pas davantage.
J'ai remercié les deux femmes qui ont su l'aider dans les changes, le tri de son linge... et qui ont été très patientes et compréhensives.
Zoé est en pleine forme. Elle a continué un peu à avoir la diarrhée quelques jours après son arrivée mais je pense qu'elle a ramené un virus de gastro. Elle est libérée, heureuse que cette classe verte soit passée. Elle va bien. Elle est gaie comme un pinson.
Elle se douche seule, complètement alors qu'elle rechignait à se laver elle-même le derrière. Avant, ça la dégoutait. Elle va seule aux toilettes, d'elle-même. Elle ne me demande plus de l'aider pour essuyer ses souillures. Elle gère. Avant, ça la dégoutait. Elle met son linge tâché au sale, elle-même. Elle a fait trois boules de caca vendredi, samedi et dimanche derniers... incroyable. Avant, ça la dégoutait. Elle n'a presque pas eu de souillures cette semaine... nickel. Avant, pourtant, elle en avait plein...
J'espère que cela va durer. Elle dit que oui. Qu'elle en était capable avant la classe verte, de faire de tels efforts. Mais qu'elle savait que peut-être, en étant "malade", je ne la laisserais pas partir. Elle m'a fait sourire. J'ai été aveugle.
Elle a refait une séance de fasciathérapie mercredi dernier. Juste pour maintenir ce qu'on a déjà acquis : une poussée, un transit régulier... et pour lui enlever ses appréhensions aussi. Les petites dernières. Celles dans sa tête. Comme se rendre malade pour ne pas quitter maman.
Je suis très confiante et très surprise de ce que Zoé arrive à faire. Je me sens revivre car j'ai une sacrée charge de travail en moins. Je ne me soucie presque plus de ses allées et venues aux toilettes (elle gère seule à la maison mais toujours pas à l'extérieur)... je ne monte plus l'aider à se doucher... je ne colle plus le protège-slip au fond de sa culotte...
Je suis passée à une autre étape. Proche de celle que je vis avec les enfants que je garde (je suis assistante maternelle, je garde deux enfants de moins de trois ans).... étape qui s'appelle "l'acquisition de la propreté"... On reprend tout à la base... sur quelque chose de propre et qui fonctionne : son ventre...
J'espère que cela va continuer.
On en reparle très vite. Promis.
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22:59
lundi 7 avril 2008
Impasse
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jeudi 31 janvier 2008
Ca marche!
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mardi 29 janvier 2008
Depuis quinze jours....
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samedi 12 janvier 2008
Huit ans
Zoé est une petite fille bien spéciale. Mes autres filles sont uniques aussi, et ont une personnalité bien différente. Mais Zoé a toujours eu une "aura", quelque chose que je ressens mais que je ne m'explique pas... d'ailleurs ça se vérifie dans ce qu'elle sème autour d'elle... depuis petite...
A la maternelle, elle arrivait toujours comme une princesse attendue par sa cour d'admirateurs... une bande de petits zouaves étaient toujours assis en tailleur à l'atttendre, tous les midis... et scandaient le prénom de Zoé en tapant des mains... ce qui la ravissait et l'effrayait en même temps... cette année, deux petits garçons sont le nez sur la grille du portail à la regarder arriver... chaque matin, chaque midi... ils lui sautent dessus dès qu'elle arrive et m'ont déjà supplié de la mettre à la cantine... en vain...
Je ne comprends pas cet attachement envers elle...
Elle trouve cela normal...
Elle me fait rire...
Pour ceux qui me lisent sur ma "vie de maman", vous apprendre que je suis allée voir un guérisseur aujourd'hui ne sera pas une surprise.... j'en avais déjà parlé sur ce blog... ça me titillait... je l'ai fait...
Zoé le savait. Depuis hier. Elle a accepté... elle sait qu'il est temps que son encoprésie nous quitte... nous sommes tous solidaires de cette maladie qui l'empêche de vivre librement... nous avons tous une même aspiration : sa guérison...
L'état actuel de sa santé est encourageant. Zoé ne prend plus aucun Importal™ ni Transipeg™ depuis deux mois... mais vraiment rien... même pas en secours...
Les trois séances de fasciathérapie auront permis un sevrage en douceur, que j'apprécie énormément... il s'est fait en dents de scie... mais il est là aujourd'hui... et j'en suis soulagée... on ne sait pas ce qu'induit la prise de médicaments sur une longue durée... et je trouvais que cela empêchait sa guérision, faussant le jeu, brouillant les pistes...
Là, au moins, je sais où elle en est...
Elle évacue chaque jour de quoi ne pas s'en faire... mais rien de solide... le fécalome est rare, et gros quand il survient... envrion tous les 15 ou 20 jours...
Elle a bon appétit, ne se sent pas fatiguée...
Elle n'a aucun instinct de propreté... ne baisse pas sa culotte pour aller aux toilettes... jamais... c'est un réflexe étranger... une consigne que je suis la seule à lui donner... son corps ne lui envoie aucune information... rien... c'est ce qu'elle déclare... haut et fort...
Je ne sais toujours pas si c'est vrai... si son corps est muet... ou si c'est elle qui refuse d'entendre...
Et ça, je veux le savoir...
Le guérisseur nous avait donné rendez-vous en fin d'après-midi. J'ai eu ses coordonnées par ma cousine Odile, qui a gentiment pris soin de m'y amener... rassurante... confiante... forte de son expérience avec lui lors de son zona à l'oeil... je savais qu'elle serait un fabuleux intermédiaire, et une parfaite traductrice!!!! Je ne suis pas originaire de cette région... c'est le Sud-Ouest, et donc les personnes agées parlent le gascon... Jenfi le parle et le comprend très bien... son papy d'Agen était un bel ambassadeur en la matière... je me souviens être arrivé devant lui, quand j'avais seize ans, dans sa petite maison typique où on rentrait directement dans la cuisine, où ça sentait bon la soupe... du matin au soir... il était assis à sa table, devant un café, avec sa canne comme support... et la mamie était à côté, en tablier, toujours souriante, devant son évier, à déplumer un canard.... j'étais très intimidée et déracinée... mais si gentiment accueillie... j'en garde un souvenir tendre et nostalgique... le papy était toujours content de me voir et entamait la conversation de suite... je n'y comprenais rien, mais j'adorais l'écouter!!!! Jenfi était mort de rire car il savait que j'allais dire "oui" à tout, alors que j'étais incapable de savoir ce qu'on me demandait!!! Ma belle-mère s'en souvient encore et en rigole régulièrement... à chaque fois qu'on balade les chiens ensemble dans son lotissement et qu'on croise un papy... je ne capte rien à ce qu'il me dit!!!! C'est normal, je défie quiconque qui n'est pas du coin de déchiffrer le gascon!!! vraiment!!!
Le guérisseur était à l'image du papy de Jenfi. J'ai été très attendrie de le voir, même s'il m'a à peine regardée quand je suis entrée... Zoé s'est immobilisée devant lui... elle ne l'a pas quitté des yeux... et lui non plus... elle a regardé le chat dormir sur la chaise en paille... la mamie emmitouflée devant sa cheminée... et a attendu...
Les premiers mots ont été inaudibles pour moi... heureusement qu'Odile était là!!! Puis il m'a dit des choses sur ma fille, du genre "elle tousse cette petite... elle fait ceci ou cela..." sans jamais se tromper... alors qu'il ne la connaissait pas...
Il l'a sans cesse regardé... et elle n'a pas bougé d'un poil...
Je suis repartie avec un remède de grand-mère et une certitude bizarre que quelque chose s'était passé entre elle et lui... sans qu'il ne l'ait touchée...
Je ne peux pas l'expliquer... c'est comme si j'étais arrivée avec un fardeau sur l'épaule... et que j'étais repartie sans... laissant mon ancienne Zoé derrière moi... tournant une page de sa vie... là, alors que ma main refermait le portail de cette petite maisonnée introuvable... au milieu de nulle part...
Je vais laisser venir les choses...
Et vous tenir au courant...
Pour l'instant, c'est trop tôt pour savoir...
Je vous donnerai des nouvelles.. promis!
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22:33
mardi 20 novembre 2007
Vous êtes les bienvenus!
[?] Qu'est-ce que c'est ? L'encoprésie est la défécation "involontaire" ou délibérée dans des endroits non appropriés chez un enfant d'âge chronologique et d'âge mental d'au moins 4 ans. Pour porter ce diagnostic, il faut que ce trouble survienne de façon durable (depuis au moins 6 mois) à une fréquence d'au moins une fois par mois.L'encoprésie est presque toujours diurne ; elle se reproduit chaque jour, l'enfant étant conscient de l'émission de la selle, qu'il dit ne pouvoir contrôler. Il s'agit soit de selles véritables, dures ou liquides soit de simples souillures.L'encoprésie est le plus souvent secondaire, survenant après une période de continence fécale d'au moins un an. L'encoprésie ne doit pas être confondue avec les incontinences du sphincter anal (encéphalopathies, affections de la moelle etc.) et les banales souillures de slip de l'enfant qui s'essuie mal après être allé à la selle.sa fréquence est de 3% à 4 ans et 1,5% à 8 ans. Elle est parfois associée à l'énurésie (" pipi au lit ") ou à d'autres troubles du développement : langage, coordination des mouvements etc.[?] Les symptômes Dans sa forme de longue durée, la constipation est habituelle, le rythme des contractions intestinales est perturbé ou inexistant. Les périodes de stagnation entraînent la formation de fécalomes, de consistance dure ou molle, qui forment un nouvel obstacle à l'installation du rythme de la défécation. En ce cas, un mégacôlon fonctionnel est fréquent. Le toucher rectal montre un rectum plein, la contractilité du sphincter étant normale.Bien souvent, l'encoprésie a été précédée d'une constipation opiniâtre pour laquelle différents traitements ont été essayés.Dans d'autres cas, il s'agit d'épisodes d'encoprésie sans constipation ni mégacôlon fonctionnel, liés à des troubles psychologiques (désir d'opposition ou de vengeance, naissance d'un puîné, difficultés scolaires ou familiales etc.) : l'encoprésie est la manière de l'enfant de dire :"non"!Le mécanisme de l'encoprésie est initialement une rétention fécale : au contraire de l'enfant qui acquiert le contrôle de la défécation, le futur encoprétique retient sa selle : c'est une opposition à la mère. L'effort qu'il fait pour retenir les selles est souvent interprété par les parents comme une tentative de défécation. L'enfant s'isole, s'accroupit et fait de violents efforts pour retenir ses selles ou les faire remonter si l'expulsion a commencé. Une erreur éducative sphinctérienne est à l'origine de la plupart des cas : éducation coercitive ou trop précoce. A la longue, se crée une dyschésie intestinale génératrice de fécalomes ; la sensation de besoin est émoussée, l'encoprésie devient quotidienne, les exonérations ne se faisant plus que par regorgement. La défécation dans la culotte survient lorsque les moyens de rétention de l'enfant sont débordés ou lorsqu'une partie du fécalome se liquéfie et franchit le sphincter.Les facteurs émotionnels et affectifs en cause se réfèrent au mode de relation de l'enfant avec ses parents, et surtout avec sa mère, vis-à-vis de laquelle le refus de la selle peut être une première manifestation d'opposition. Les mères d'enfants encoprésiques ont souvent une personnalité particulière. Elles manifestent un intérêt pathologique aux évacuations intestinales de l'enfant . Elles sont incapables de tolérer une seule journée de constipation. Elles sont souvent angoissées, névrosées. La père est souvent absent. Une dissociation du couple est souvent retrouvée.L'encoprésie, une fois constituée, suscite des sanctions familiales, un comportement rejetant de la part de tout l'entourage, à l'école, qui peuvent aggraver le repli sur lui-même de l'enfant encoprétique. Le garçon d'âge scolaire devient souvent la risée de ses camarades de classe.Le trouble entraîne très souvent une baisse de l'estime de soi avec un sentiment de honte et de culpabilité qui peut se compliquer de dépression.[?] TraitementLe traitement est double : pédiatrique et psychiatrique.La première phase du traitement consiste à éliminer toute rétention fécale à l'aide de lavements (Eductyl ®, Microlax ®, Normacol ® etc.).De l'huile minérale (huile de paraffine : Lansoyl etc.) ou un laxatif à base de lactulose (Importal, Duphalac etc) sont ensuite donnés par la bouche jusqu'à l'obtention de 2 ou 3 selles molles par jour.L'enfant doit être assis sur les toilettes 5 minutes matin et soir, à heures fixes pour rétablir le processus de défécation. Le laxatif est ensuite diminué progressivement.Une prise en charge psychiatrique s'impose le plus souvent
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08:47
lundi 22 octobre 2007
On met les bouchées doubles...
Ca y est, Zoé a fait la-plus-grosse-boulette-du-mois et en est très-très soulagée... moi aussi, bien sûr. Il faut dire que je suis assez tenace et même si je suis accompagnante et compatissante, avec sa maladie, il m'arrive de me montrer ferme et de taper du poing sur la table...
Hier, dimanche, j'ai eu un après-midi "rangement"... j'étais très déterminée à débarrasser mon garage de vêtements d'hiver... j'ai répertorié les bottes, les chaussures de marche... après quoi je me suis attaquée à nettoyer derrière mes meubles de cuisine, toute contente d'humer l'odeur des gaufres maison que préparait Jenfi pour ses fifilles affamées... bref, aucune pause n'a permis à Zoé d'entendre ma douce voix lui demander "tu veux aller aux toilettes?????"... Jenfi n'est pas assez impliqué dans ce rituel pour y penser et prendre le relais... ce n'est pas une critique, c'est une constatation et un reflet du lien qui nous unit, Zoé et moi... jusque dans le fait que je sois "celle" qui la nettoie le mieux, qui l'encourage... il est vrai aussi que l'intimité de ce rituel est plus facile pour une petite fille à partager avec sa maman... petite elle laissait faire... là, elle grandit et devient pudique... c'est évident...
J'ai donc pointé mon nez devant ma Zoé à l'heure de la douche, vers 18h30... et là, j'avais la fatigue le long des épaules, l'envie de prendre une douche chaude et de me mettre un vêtement propre et ample... pour me larver sur le canapé dès que possible... j'ai baissé son pantalon (en velours rose) et les dégâts étaient tels que je me suis énervée...
"mais enfin Zoé, c'est trop dur de m'appeler??? ou même d'y aller toi-même avant d'en arriver là???..."
Gros silence de sa part, yeux de chien battu.
"Zoé, regarde!!! Ton pantalon est tâché, la culotte, je n'essaye même pas de la détacher, c'est poubelle... tu pourrais au moins me dire quand ça commence à couler????"
Toujours muette.
"Ne me dis-pas que tu ne sens rien venir quand même????"
Elle se pince les lèvres et soupire.
"Je te préviens, faut que tu reprennes un peu le dessus et sois plus coopérante, d'accord?"
Enfin un signe approbatif.
"Je sais que tu peux le faire... tu sais Zoé, soit ta maladie t'empêche de tout sentir, et tu te fais dessus tout le temps... soit tu contrôles un peu mieux chaque jour et on va vers ta guérison totale... mais pas un mélange des deux... sinon cela veut dire que c'est ta tête qui dit "je veux pas"... pas ton corps qui ne peut pas... et moi, je ne veux plus que ta tête décide de tout avec ton caca, compris?"
Elle a commencé à pleurer et à me prendre par le cou.
"Ne pleure pas mon coeur, c'est pas grave pour les vêtements, je suis juste en colère car là, tu fais de la résistance, tu baisses les bras, pas vrai ???"
Enfin elle a une langue!!!
"Oui, je sais maman... je suis fatiguée avec mon rhume et je veux pas me donner du mal... je veux que ce soit toi qui fasses tout..."
"Zoé, je fais déjà beaucoup et tu le sais... tu vas avoir huit ans, chérie... il faut que tu grandisses et fasses caca par toi-même, tu peux y arriver... moi je suis là pour toujours, avec toi, à t'aimer et à te protéger des autres... mais je ne peux pas faire caca à ta place, ça non... c'est toi qui dois faire toute seule..."
"D'accord, je vais pousser..."
"je veux un caca demain sinon on reprend le transipeg et l'importal tous les jours, c'est sûr..."
"Non pas besoin, ça va aller..."
Le caca promis est arrivé ce soir à 18h30, heure de la douche, propice pour elle...
Elle a eu un gros calin... de félicitation... d'amour...
Mais j'ai pris ma décision. Je vais aller voir un magnétiseur dans les mois qui suivent. Ma cousine Odile en connait un "bon", recommandé... connu dans sa région de Marmande...
Je n'étais pas trop chaude... mais là... je veux tester... la fascia a permis de redonner à son corps ses fonctions motrices, la poussée est enfin une réalité... c'est formidable.
Mais pour le blocage psychologique, c'est encore loin du résultat...
Je dois encore faire une séance de fascia sous peu mais je vais enchaîner après sur ce petit papy qui a soi-disant des mains de fée...
Je n'ai rien à perdre...
Je suis prête à tout...
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Véro
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20:40
vendredi 19 octobre 2007
Piscine
Cela fait un moment que je ne viens pas écrire sur Zoé. Un moment que j'étudie l'évolution de son comportement, si encourageant depuis l'été... un moment que je réfléchis et me demande si je dois écrire ce que mon corps me traduit depuis peu (une fatigue musculaire lancinante, une envie de manger constante, de me remplir d'un vide... des vertiges dûs à mon sur-investissement auprès d'elle... un questionnement sur mon impuissance face à cette maladie que je vois grandir avec ma fille, se nourrir d'elle, s'installer en elle... )...
Je fanfaronne et fais la pître toujours autant, affichant un continuel dynamisme et une espérance sans limite... j'ai pas le choix... tomber avec elle serait donner raison à mon ennemi invisible... celui qui réside dans ses tripes et refuse de sortir au grand jour... jamais je ne vais connaître le vrai visage de ce avec quoi je me bats... l'encoprésie revêt des panoplies si diverses... tantôt elle se fait douce et endormie... tantôt elle se fait violente et ravageuse... je la hais... et elle me le rend bien... des fois j'ai vraiment l'impression d'être face à quelque chose qui me teste et me bouffe la vie, se servant de Zoé comme d'une enveloppe corporelle bien fragile et innocente...
C'est stupide, je le sais... d'individualiser une "maladie"... de la "haïr"... de lui "demander" de quitter ma fille et d'aller voir ailleurs... c'est ce que je crie en moi... ce que je retiens... ce que je contiens...
Zoé est en période d'affaiblissement... elle chope tous les virus ambiants.... c'est sûr qu'en mangeant trois bouchées de viande et deux rondelles de carottes comme hier soir, ça pèse pas lourd face aux bactéries... mais elle n'a pas "faim"... son ventre balonné affiche complet... le moindre centimètre carré restant réclame qu'on le laisse tranquille, qu'on l'oublie... elle n'expulse rien depuis quinze jours... dernière "boulette" rassurante en date "le jeudi 4 octobre"... une éternité pour moi... un petit record pour elle qui a connu jusqu'à un mois de sécheresse rectale...
Les souillures sont revenues... moindres, car Zoé maîtrise, c'est un vrai changement, sur lequel je dois positiver... je me dois de le préciser... tout n'est pas noir...
Je la vois aller aux toilettes avec moins d'entrain, dégoûtée d'elle même, de son échec...
Elle me regarde et me dit "tu n'es pas trop triste, maman????"
Je secoue la tête pour dire non.
"Tu sais, c'est pas de ma faute... il y a piscine tous les jeudis après-midi avec l'école et j'ai peur..."
J'ai voulu en savoir davantage.
"Peur de quoi, ma puce?"
Elle s'est lancée, en confiance.
"Bah tu vois jeudi de la semaine dernière (le 4), je suis allée à la piscine... je me suis deshabillée dans le vestiaire et tout le monde regardait mon protège-slip.... je veux pas qu'on se moque de moi..."
"Mais chérie, on en met un propre quand tu rentres manger le midi... quand tu arrives à la piscine à 14H30 avec ta classe, tu n'as aucune trace, de quoi as-tu peur???"
Elle a soupiré.
"Bah l'eau elle est froide dans le grand bassin... je passe dans le premier groupe, tu sais, celui des "baleines"..."
"Oui je sais..."
"Eh bien après on sort de l'eau et on attend sur les bancs... c'est le tour des "pieuvres"..."
"???"
"Moi je grelotte... et mon ventre avec l'eau froide que j'ai eu en nageant, il est tendu et il veut que caca sorte..."
"Oui, ça te fait ça à chaque fois, l'eau froide te décoince..."
"Bah oui mais je peux pas faire..."
"...."
"personne peut m'accompagner aux toilettes et j'ai pas de lingettes avec moi, y a pas de papier non plus... et surtout, t'es pas là, maman"...
J'ai caressé sa joue.
"je comprends, c'est dur pour toi, c'est ça???"
"Oui, je crains le jeudi... j'aime pas le jeudi"...
C'est clair, mercredi de la semaine dernière, au soir, elle a déclaré sa pharyngite... ce n'était pas par hasard...
Hier, jeudi, la grève nationale lui a fait sauté un jour de classe, elle était ravie...
"Maman, depuis que je me suis retenue très fort sur le banc de la piscine, je n'arrive plus à le faire revenir... tu es en colère???"
J'étais pleine de haine envers cette maladie, pas envers ma fille...
Quand pourra t-elle mener une vie normale et aller à la piscine avec sa classe sans endurer tout cela... quand sera t-elle libre, comme tout le monde????
J'ai accusé le coup...
Et je l'accompagne dans ce blocage aquatique...
Les vacances de la Toussaint arrivent... dans une semaine...
Peut-être une lueur d'espérance et de rémission...
L'activité piscine est au programme scolaire tous les jeudis jusqu'à Noël... Zoé en est catastrophée...
J'ai jeté deux mots à sa maîtresse de ma décision de ne plus la faire participer si ça continue mais j'ai eu l'impression d'être celle qui parle de quelque chose qui n'existe pas... d'une maladie que Zoé a mais que l'on ne voit pas... qu'on ne ressent pas...
Heureusement je suis amie avec cette institutrice... et elle me laisse faire...
Je vais donc voir et aviser avec le suite des évènements...
Car il est clair que Zoé doit aussi se surpasser pour guérir...
Pas simple...
L'encoprésie n'est pas simple...
Je crois que vous l'avez compris...
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Véro
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09:26







